Dijo : la PME française qui a quintuplé son chiffre d’affaires en deux ans

Dijo : la PME française qui a quintuplé son chiffre d’affaires en deux ans

Passer de 1 million d’euros de chiffre d’affaires en 2021 à 5 millions d’euros en 2023 reste rare dans l’univers des compléments alimentaires. C’est pourtant la trajectoire suivie par Dijo, jeune marque tricolore cofondée par Anouk Le Terrier et Lisa Souloy. En l’espace de deux ans, la PME a multiplié par cinq ses revenus, franchissant un cap symbolique dans un secteur dominé par des groupes installés depuis des décennies.

L’année 2023 marque un tournant. Après un passage remarqué dans l’émission Qui veut être mon associé ? diffusée sur M6, la marque enregistre un pic immédiat de commandes. En une seule soirée, près de 200 000 euros de ventes sont générés. Le mois suivant, les recettes dépassent 1 million d’euros. Cette exposition télévisée agit comme un accélérateur, mais elle ne suffit pas à expliquer seule une progression aussi rapide.

Pour mesurer la portée de cette évolution, il faut rappeler que le marché français des compléments alimentaires représente environ 2,6 milliards d’euros, selon le Synadiet, avec une croissance annuelle située entre 5 et 8 % ces dernières années. Dans un environnement aussi concurrentiel, quintupler ses ventes en deux exercices ne relève pas d’un simple coup de projecteur médiatique. C’est le fruit d’un modèle structuré et d’une stratégie commerciale cohérente.

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Dijo chiffre d’affaires multiplié par cinq : les chiffres qui impressionnent le secteur

Entre 2021 et 2023, Dijo chiffre d’affaires passe de 1 million à 5 millions d’euros. Cette progression représente une hausse de 400 % sur la période. Peu de jeunes entreprises françaises affichent un tel rythme, surtout dans un domaine où la confiance des consommateurs se construit lentement.

L’effet télévision reste spectaculaire. Le soir de la diffusion sur M6, la plateforme en ligne enregistre un volume de commandes inhabituel pour une PME de cette taille. Les 200 000 euros générés en quelques heures correspondent à plusieurs semaines d’activité habituelle. Dans les trente jours qui suivent, la barre du million d’euros est franchie, confirmant que la visibilité médiatique a converti l’audience en clients.

Mais la croissance ne s’arrête pas après ce pic. En 2024, la marque poursuit sur cette dynamique. Même si les chiffres consolidés restent à confirmer, les premiers indicateurs montrent une trajectoire stable, soutenue par la fidélisation. Or, dans le secteur des compléments alimentaires, la récurrence d’achat constitue un levier déterminant. Un client satisfait renouvelle souvent sa commande tous les un à trois mois. En améliorant le taux de réachat, l’entreprise consolide son chiffre d’affaires sans dépendre uniquement de nouvelles campagnes publicitaires.

Dijo DNVB : un modèle digital pensé pour scaler rapidement

Dijo s’est construite comme une Digital Native Vertical Brand, autrement dit une marque née en ligne, maîtrisant l’ensemble de sa chaîne de valeur, de la formulation des produits à la distribution. Ce modèle permet de limiter les intermédiaires et d’optimiser les marges, ce qui reste déterminant pour financer la croissance.

Au départ, la société est autofinancée. Les fondatrices misent sur la vente directe via leur site internet, en investissant massivement dans le marketing digital. Publicité sur les réseaux sociaux, partenariats avec des créateurs de contenu, newsletters segmentées : la marque développe rapidement une base de clients engagés. Cette approche réduit la dépendance aux distributeurs traditionnels tout en collectant des données précieuses sur les habitudes d’achat.

Progressivement, Dijo élargit sa présence hors ligne. Les produits intègrent des enseignes reconnues comme Monoprix et Galeries Lafayette. Cette double distribution, en ligne et en magasin, renforce la visibilité tout en conservant une identité forte. Dans le secteur des compléments alimentaires, où la crédibilité joue un rôle déterminant, être référencé dans des points de vente physiques rassure une partie du public.

Ce modèle hybride présente un avantage financier. Les ventes en ligne offrent des marges plus élevées, tandis que la distribution physique élargit la clientèle. En combinant ces deux canaux, l’entreprise sécurise ses revenus et limite les fluctuations liées à un seul circuit de vente.

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Qui veut être mon associé : la télévision comme accélérateur commercial

Le passage dans Qui veut être mon associé ? constitue un moment décisif pour la notoriété de Dijo. L’émission rassemble chaque année plusieurs millions de téléspectateurs. Cette audience massive offre une vitrine exceptionnelle à des jeunes entreprises en quête de visibilité nationale.

L’effet immédiat se mesure en chiffre d’affaires, mais aussi en trafic web. Lors de la diffusion, le site enregistre un afflux de visiteurs simultanés. Pour une PME, gérer ce volume nécessite une infrastructure solide et une logistique capable d’absorber un pic de commandes sans rupture de stock. Dijo réussit à maintenir le cap, ce qui évite l’effet déceptif souvent observé après une exposition médiatique.

Au-delà des ventes directes, la présence télévisée agit sur la notoriété de marque. Elle crédibilise l’entreprise auprès d’investisseurs, de distributeurs et de partenaires potentiels. Dans un secteur où la confiance reste déterminante, être validé publiquement devant un jury d’entrepreneurs renforce l’image de sérieux. Cet effet indirect peut se traduire par de nouvelles opportunités commerciales plusieurs mois après la diffusion.

Dijo ambitionne la pharmacie et l’international après sa forte croissance

Après avoir consolidé son activité en ligne et en grande distribution, Dijo affiche un objectif clair : intégrer le circuit pharmaceutique d’ici 2025. Le marché des compléments alimentaires en pharmacie représente une part significative des ventes totales en France. Pour une marque, être référencée dans ce réseau signifie accéder à une clientèle plus large et bénéficier de la recommandation des professionnels de santé.

Cette étape nécessite toutefois une adaptation. Les exigences réglementaires, la formation des équipes officinales et la concurrence avec des laboratoires historiques imposent une préparation minutieuse. Si Dijo parvient à convaincre les pharmaciens, son chiffre d’affaires pourrait franchir un nouveau palier dans les prochaines années.

Parallèlement, l’entreprise vise l’international. Le marché européen des compléments alimentaires dépasse les 14 milliards d’euros, avec des pays comme l’Allemagne et l’Italie parmi les plus dynamiques. Exporter implique une adaptation aux réglementations locales et aux habitudes de consommation. Toutefois, une marque déjà structurée en ligne dispose d’un avantage logistique et marketing pour tester de nouveaux territoires à moindre coût.

En deux ans, Dijo a démontré qu’une PME française pouvait atteindre des volumes significatifs grâce à une combinaison de visibilité médiatique, de distribution hybride et de fidélisation client. Avec 5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023 et des ambitions claires pour 2025, la marque entre dans une nouvelle phase de son développement. La question n’est plus de savoir si la croissance peut se poursuivre, mais à quel rythme elle se maintiendra dans un secteur toujours plus concurrentiel.

Chris Sabian

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