A part son bac ES, quel est le diplôme de Squeezie ?

A part son bac ES, quel est le diplôme de Squeezie ?

Lucas Hauchard, alias Squeezie, est aujourd’hui la personnalité française la plus suivie sur YouTube, avec plus de 19 millions d’abonnés. Pourtant, une question revient souvent : son succès fulgurant repose-t-il aussi sur un diplôme académique, ou bien a-t-il construit sa carrière uniquement sur son talent et son travail en ligne ? Si l’on sait qu’il a décroché son bac ES au début des années 2010, le reste de son parcours scolaire intrigue. La réponse est surprenante : Squeezie n’a pas poursuivi de diplôme supérieur reconnu, mais son histoire illustre comment certains jeunes choisissent d’investir directement leur énergie dans des projets créatifs au lieu de suivre un cursus classique.

Squeezie et son bac es : le point de départ officiel

Avant de devenir une figure incontournable de YouTube, Lucas Hauchard a suivi une scolarité traditionnelle. Comme de nombreux adolescents passionnés par les vidéos et les jeux vidéo, il a concilié ses études avec ses premières créations publiées en ligne. Son bac économique et social (ES) a été obtenu au lycée, avec une moyenne d’environ 13,8 selon certaines biographies, ce qui démontre un profil scolaire solide. Ce diplôme, qui représentait alors près de 30 % des bacheliers français en 2013, ouvrait des portes aussi bien vers les études universitaires que vers les filières de commerce ou d’audiovisuel.

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Une tentative vers le bts audiovisuel stoppée net

Après son bac, le créateur envisageait un cursus en BTS métiers de l’audiovisuel, option montage et cadrage. Ce choix s’inscrivait dans une logique cohérente avec sa passion pour la vidéo et sa volonté de professionnaliser ses compétences techniques. Mais la candidature de Lucas n’a pas abouti. Selon ses propres confidences, ses absences répétées liées à ses tournages ont été perçues comme un handicap par l’établissement. Résultat : il n’a pas intégré cette formation, alors que beaucoup de jeunes de sa génération empruntaient ce chemin pour se lancer dans les métiers de l’image.

Pour donner un ordre de grandeur, chaque année, environ 5 000 étudiants postulent à ce BTS, mais seuls 2 000 environ sont retenus. La sélection est donc exigeante et ne laisse que peu de marge aux profils atypiques, même talentueux.

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Un choix décisif : youtube plutôt que l’université

Privé de cette porte d’entrée, Squeezie a dû faire un choix. Au lieu de se rabattre sur une autre filière ou une université, il a misé sur sa chaîne YouTube, déjà en pleine ascension. Ce pari audacieux s’est révélé payant. Dès 2013, il cumulait plusieurs centaines de milliers d’abonnés, un chiffre considérable à une époque où le marché français de la vidéo en ligne en était encore à ses débuts. En investissant tout son temps dans la création de contenus humoristiques, de let’s play et de concepts originaux, il a façonné une identité qui a séduit une audience fidèle.

L’exemple de Squeezie illustre une réalité plus large : selon une étude de l’Insee, près de 17 % des jeunes actifs de 18 à 24 ans choisissent de se lancer directement dans la vie professionnelle sans passer par un diplôme supérieur. Mais peu réussissent à transformer cette orientation en une carrière aussi florissante.

Pas de diplôme mais une carrière hors norme

Contrairement à ce que certains peuvent penser, Squeezie ne possède ni licence universitaire, ni master, ni diplôme d’école spécialisée. Son palmarès académique s’arrête officiellement au bac. Pourtant, il a accumulé une expérience pratique qui dépasse largement ce qu’un cursus académique aurait pu lui offrir : direction artistique, gestion de projets, stratégie de marque, communication digitale, animation d’événements en direct et même production musicale.

Ces compétences, acquises sur le terrain, lui ont permis de rivaliser avec des professionnels formés dans les écoles les plus réputées. En 2020, il a par exemple lancé le GP Explorer, une course automobile réunissant influenceurs et pilotes, un projet qui aurait nécessité des années de formation en management d’événements pour quelqu’un d’autre.

Quand l’expérience vaut plus qu’un diplôme

Si l’on observe ses résultats, la comparaison avec les parcours académiques traditionnels est frappante.

  • En 2022, son GP Explorer a rassemblé plus de 40 000 spectateurs dans un stade et plusieurs millions en diffusion en direct.
  • Ses vidéos atteignent régulièrement entre 3 et 10 millions de vues, soit l’équivalent d’une audience télévisée nationale.
  • Sa chaîne YouTube génère, selon certaines estimations, plusieurs millions d’euros de revenus annuels, équivalents aux salaires cumulés de nombreux diplômés d’écoles prestigieuses.

Ces chiffres démontrent que le capital social et économique généré par son activité dépasse largement la reconnaissance académique que lui aurait apportée un diplôme supérieur.

Une trajectoire qui interroge le système scolaire

Le cas de Squeezie soulève une question : le système éducatif est-il toujours adapté aux profils créatifs atypiques ? De nombreux jeunes passionnés par les arts visuels ou le numérique rencontrent les mêmes obstacles que lui lorsqu’ils tentent d’intégrer des filières sélectives. En France, environ 60 % des bacheliers poursuivent vers une licence universitaire, mais le taux de réussite en première année reste inférieur à 45 %, ce qui montre que le parcours académique n’est pas toujours la voie la plus adaptée.

Squeezie a ainsi incarné une autre possibilité : celle de valoriser son temps, son énergie et sa créativité directement dans un projet professionnel, au lieu de suivre une filière longue dont l’issue reste incertaine.

Chris Sabian

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