Bubble est souvent présenté comme un outil permettant de créer des applications sans écrire du code traditionnel. Cette description est juste, mais elle donne une image trop simple de la plateforme. Bubble ne sert pas uniquement à fabriquer des prototypes ou de petites pages web. Son environnement permet de gérer une interface utilisateur, une base de données, des workflows, des comptes utilisateurs, des paiements, des API et une logique serveur au sein d’une même application.
C’est justement cette profondeur qui explique pourquoi Bubble peut servir à développer un SaaS, une marketplace, un logiciel métier, une plateforme de réservation, un espace client ou une application utilisant l’IA. Des entreprises comme Cuure, Flexiple, Formula Bot, Swapstack, GoodCourse et Workello ont utilisé Bubble pour construire des produits destinés à de vrais utilisateurs.
Le terme « no code » ne signifie toutefois pas « sans compétence technique ». Pour obtenir une application fiable, il faut savoir organiser les données, sécuriser les accès, construire des workflows propres, limiter les traitements inutiles et surveiller la consommation des ressources. Bubble enlève une grande partie du travail de programmation, mais il ne supprime pas les problématiques de conception d’un logiciel.
Qu’est ce qu’on peut développer avec Bubble ?
Bubble regroupe plusieurs briques habituellement séparées dans un développement traditionnel. L’interface peut être construite visuellement, les données sont gérées dans la base intégrée et les workflows définissent les actions déclenchées par les utilisateurs ou par le serveur.
Un projet peut ainsi comporter plusieurs types de comptes, des profils utilisateurs, des abonnements, des tableaux de bord, des formulaires, des règles d’accès et des automatisations. Une marketplace peut par exemple gérer séparément les vendeurs et les acheteurs, publier des annonces, enregistrer des commandes, envoyer des notifications et connecter un système de paiement. Un SaaS peut fonctionner avec plusieurs niveaux d’abonnement et afficher des fonctionnalités différentes selon le compte utilisé.
⚙️ Les briques disponibles dans une application Bubble
| Fonction | Utilisation |
| Interface visuelle | Pages, formulaires, tableaux de bord |
| Base de données | Utilisateurs, commandes, produits, contenus |
| Workflows | Actions déclenchées par les utilisateurs |
| Comptes utilisateurs | Connexion, inscription, profils |
| API | Connexion avec des services externes |
| Paiement | Abonnements et transactions |
| Plugins | Ajout de fonctionnalités |
| Responsive design | Adaptation aux différentes tailles d’écran |
| IA | Connexion à des modèles et services IA |
Cette architecture explique pourquoi Bubble peut dépasser largement le stade du prototype. Une application peut être publiée, utilisée par des clients et faire fonctionner des processus commerciaux complets.
Front-end, base de données et workflows réunis dans le même projet
Avec un développement classique, l’interface, le serveur, la base de données et les différentes API sont généralement développés avec plusieurs technologies. Bubble regroupe une grande partie de ces composants dans son environnement.
Le développeur ou le créateur construit d’abord les écrans puis définit les données utilisées par l’application. Il peut ensuite créer les workflows qui déterminent ce qui se passe lorsqu’un utilisateur clique sur un bouton, valide un formulaire ou déclenche une action.
Prenons un SaaS destiné aux commerciaux. Un utilisateur peut créer son compte, ajouter des prospects, modifier leur statut, générer un rapport et inviter des collègues. Chaque action peut être reliée à une donnée enregistrée dans la base et à des règles précises concernant les droits d’accès.
Cette organisation devient particulièrement intéressante pour les MVP, mais aussi pour des produits qui continuent à évoluer après leur lancement.
API, paiement et intelligence artificielle : Bubble ne reste pas isolé
Une application professionnelle doit rarement fonctionner seule. Elle doit généralement communiquer avec d’autres services.
Bubble peut utiliser des API pour récupérer ou envoyer des informations à des applications externes. Un projet peut ainsi communiquer avec un CRM, un outil d’e-mailing, un système de paiement, un service d’intelligence artificielle ou une API développée spécialement pour l’entreprise.
Un SaaS peut par exemple utiliser Stripe pour les abonnements, une API IA pour analyser des documents et un service d’e-mail pour envoyer les notifications. Bubble devient alors l’interface à travers laquelle l’utilisateur utilise ces différents services.
Cette capacité est particulièrement intéressante pour les projets qui doivent être lancés rapidement sans développer chaque composant en interne.
🔗 Exemple d’architecture
Utilisateur → application Bubble → API → service externe → résultat dans Bubble
Pour une application IA, le fonctionnement peut être encore plus intéressant :
Utilisateur → formulaire Bubble → modèle IA → traitement → résultat enregistré dans la base → affichage dans le tableau de bord
Bubble peut donc servir de couche applicative autour de nombreux services externes.
Les projets professionnels réalisés avec Bubble
Les exemples de produits développés avec Bubble sont particulièrement intéressants parce qu’ils montrent que la plateforme ne se limite pas aux petits projets personnels.
🥇 Cuure : une plateforme e-commerce personnalisée
Cuure est l’un des exemples français les plus connus associés à Bubble. La société commercialise des compléments alimentaires personnalisés et utilise une plateforme permettant aux clients de gérer leur parcours, leurs produits et leurs commandes.
Le cas de Cuure montre qu’une application Bubble peut gérer des processus commerciaux qui vont bien au-delà d’une simple page vitrine. L’utilisateur interagit avec différents éléments du service et les informations doivent être enregistrées puis exploitées par l’entreprise.
Bubble a donc servi dans un projet confronté à de véritables problématiques de vente en ligne, personnalisation et gestion de données.
🥇 Flexiple : une marketplace pour les talents tech
Flexiple constitue un autre exemple intéressant. La plateforme met en relation des entreprises avec des professionnels indépendants dans les domaines de la technologie et du design.
Une marketplace de ce type doit gérer plusieurs catégories d’utilisateurs, des profils, des recherches, des demandes et différentes interactions entre les parties.
Ce genre de fonctionnement nécessite une base de données correctement structurée et des workflows capables de gérer des situations différentes selon le profil connecté.
👥 Une marketplace Bubble peut notamment gérer
| Fonction | Exemple |
| Profil | Informations du freelance |
| Recherche | Filtrage des profils |
| Entreprise | Compte recruteur |
| Demande | Besoin transmis par une entreprise |
| Mise en relation | Association entre profils |
| Messagerie | Échanges entre utilisateurs |
| Paiement | Facturation d’un service |
C’est précisément le genre de projet qui montre les possibilités de Bubble lorsqu’une application comporte plusieurs catégories d’utilisateurs.
🤖 Formula Bot : Bubble utilisé pour un produit basé sur l’IA
Formula Bot est particulièrement intéressant pour illustrer l’utilisation de Bubble avec l’intelligence artificielle.
Le service aide les utilisateurs à générer des formules pour Excel et à travailler avec des données en utilisant des fonctionnalités basées sur l’IA.
L’application doit donc gérer une interface utilisateur, récupérer les demandes, communiquer avec des services de traitement et afficher le résultat.
Bubble peut ici servir de couche applicative autour des technologies IA. Le créateur n’a pas nécessairement besoin de développer lui-même toute l’infrastructure permettant de faire fonctionner le modèle.
📰 Swapstack : une plateforme entre marques et newsletters
Swapstack était une plateforme destinée à mettre en relation des marques avec des éditeurs de newsletters.
Le principe nécessite une gestion de profils, d’offres, de campagnes et d’informations commerciales. Le produit a ensuite été racheté par Beehiiv, ce qui donne un exemple intéressant d’une application Bubble ayant servi à construire un véritable produit commercial.
L’exemple est aussi intéressant pour une autre raison : une application no-code peut être utilisée comme point de départ d’un produit qui évolue ensuite au fil du temps.
🎓 GoodCourse : formation et contenus courts
GoodCourse utilise des formats courts pour proposer des contenus de formation et d’éducation aux entreprises.
Le projet nécessite notamment une gestion des utilisateurs, des contenus et du suivi des parcours. Bubble peut gérer ce type d’architecture sans demander au créateur de développer séparément toute l’interface et le back-end.
👔 Workello : recrutement et évaluation des candidats
Workello est un autre exemple souvent cité dans l’univers Bubble. La plateforme intervient dans le recrutement et l’évaluation des compétences.
Ce type de logiciel demande une gestion de profils, de tests, de résultats et de données liées aux candidats. Une application Bubble peut organiser ces informations et automatiser une partie du traitement.
📌 Les six exemples en un coup d’œil
| Projet | Type de service | Ce que l’exemple montre |
| Cuure | E-commerce personnalisé | Commandes et gestion client |
| Flexiple | Marketplace | Plusieurs types d’utilisateurs |
| Formula Bot | IA / SaaS | Application utilisant l’IA |
| Swapstack | Marketplace | Mise en relation commerciale |
| GoodCourse | Formation | Gestion de contenus et utilisateurs |
| Workello | Recrutement | Tests et gestion des candidats |
Ces exemples sont plus parlants qu’une simple démonstration technique : Bubble peut servir de base à des produits commerciaux avec de vrais utilisateurs et des processus métier relativement complexes.
⚠️ Le no-code ne dispense pas de réfléchir à l’architecture
C’est probablement la principale limite à garder en tête. Bubble simplifie fortement l’écriture du logiciel, mais une mauvaise conception peut tout de même produire une application lente, difficile à maintenir ou coûteuse à faire fonctionner.
La base de données doit être structurée correctement. Les workflows doivent éviter les opérations inutiles. Les droits d’accès doivent être définis avec précision. Les recherches doivent être conçues pour ne pas multiplier inutilement les traitements.
Bubble utilise notamment un système de Workload Units pour mesurer les ressources consommées par l’application. Une architecture mal conçue peut donc entraîner une consommation importante lorsque le nombre d’utilisateurs et d’opérations augmente.
Un simple workflow exécuté quelques fois par jour ne pose pas forcément de problème. Le même workflow déclenché plusieurs milliers de fois peut avoir une toute autre conséquence.
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🔐 La sécurité doit être configurée dès le départ
Une application professionnelle contient souvent des données qui ne doivent pas être visibles par tous les utilisateurs.
Bubble propose des règles de confidentialité permettant de contrôler l’accès aux données. Elles doivent être définies avec soin.
Dans une marketplace, par exemple, un vendeur ne doit pas pouvoir consulter les informations privées d’un autre vendeur. Dans un logiciel RH, un candidat ne doit pas accéder aux dossiers d’autres candidats. Dans un SaaS B2B, les données d’une entreprise doivent rester séparées de celles des autres clients.
Le no-code ne change donc pas les règles fondamentales de la sécurité informatique. Une mauvaise règle de confidentialité peut rendre accessible une donnée qui aurait dû rester privée, même si l’application a été construite sans écrire une seule ligne de code.
📈 Bubble peut-il supporter une forte croissance ?
Oui, mais la question ne peut pas être réduite au nombre d’utilisateurs.
Une application avec 10 000 utilisateurs peut être relativement légère si chacun effectue peu d’opérations. Une autre avec 1 000 utilisateurs peut consommer beaucoup plus de ressources si elle effectue constamment des recherches, des traitements et des appels API.
La structure des workflows, les requêtes à la base de données, les traitements en arrière-plan et les intégrations externes ont donc une influence directe sur les performances.
Pour un produit qui commence à rencontrer ses premiers clients, Bubble peut être une base très intéressante. Lorsque l’activité augmente fortement, l’équipe doit surveiller la consommation des ressources et revoir certaines parties de l’application lorsque cela devient nécessaire.
🔒 Le problème du verrouillage technologique
Bubble présente aussi une différence importante avec un développement traditionnel : l’application dépend de l’infrastructure de Bubble.
Dans un projet développé avec du code classique, une entreprise possède généralement son code source et peut déplacer son application vers une autre infrastructure, sous réserve des adaptations nécessaires.
Avec Bubble, le cœur de l’application est construit dans l’environnement propriétaire de la plateforme. Une migration vers une autre technologie ne consiste donc pas simplement à exporter quelques fichiers.
Cette dépendance n’empêche pas de créer une entreprise rentable avec Bubble, mais elle doit être prise en compte avant de construire un produit dont l’activité dépend entièrement de la plateforme.
Bubble est-il adapté à un SaaS, une marketplace ou une application métier ?
| Projet | Bubble |
| MVP | ⭐⭐⭐⭐⭐ |
| SaaS | ⭐⭐⭐⭐⭐ |
| Marketplace | ⭐⭐⭐⭐⭐ |
| Application métier | ⭐⭐⭐⭐ |
| E-commerce complexe | ⭐⭐⭐⭐ |
| Application avec IA | ⭐⭐⭐⭐⭐ |
| Prototype rapide | ⭐⭐⭐⭐⭐ |
| Logiciel avec besoins techniques très spécifiques | ⭐⭐⭐ |
| Projet nécessitant un contrôle total du code | ⭐⭐ |
Bubble est particulièrement intéressant lorsqu’il faut tester rapidement un produit, construire une première version complète et la faire évoluer avec les retours des utilisateurs.
Pour un SaaS ou une marketplace, les fonctionnalités disponibles couvrent déjà une grande partie des besoins courants : comptes, données, workflows, paiements, API, interfaces et automatisations.
La situation devient différente lorsque le produit nécessite un contrôle très bas niveau du serveur, une architecture informatique très particulière ou une indépendance totale vis-à-vis d’un fournisseur.
Bubble peut donc servir à créer un vrai produit professionnel
La réponse est clairement oui. Bubble n’est pas uniquement un outil destiné aux prototypes jetables. Les exemples de Cuure, Flexiple, Formula Bot, Swapstack, GoodCourse et Workello montrent qu’il peut servir à construire des produits commerciaux dans des secteurs très différents.
Son principal intérêt tient à la quantité de composants réunis dans une seule plateforme : interface, base de données, workflows, comptes utilisateurs, API et logique applicative. Pour une startup ou une entreprise qui veut lancer rapidement un SaaS, une marketplace ou un logiciel métier, cela réduit fortement la quantité de développement traditionnel nécessaire.
Il reste toutefois nécessaire de travailler sérieusement sur la structure des données, les workflows, la sécurité et la consommation des ressources. Le no-code enlève une grande partie du code à écrire, pas la réflexion technique.
Pour un projet professionnel, Bubble peut donc être une base parfaitement crédible. La vraie question n’est pas de savoir si Bubble permet de créer un logiciel sérieux, mais plutôt de déterminer si les contraintes techniques et commerciales du produit correspondent à ce que la plateforme sait gérer sur la durée.