Capillum : pionnier du recyclage capillaire en France

Capillum : pionnier du recyclage capillaire en France

Les salons de coiffure génèrent chaque année des tonnes de cheveux coupés, habituellement jetés avec les déchets classiques. En 2019, deux entrepreneurs auvergnats ont décidé d’en faire une matière première utile. Capillum est aujourd’hui la première structure française dédiée au recyclage capillaire, avec un réseau national de salons partenaires et plusieurs filières de valorisation. Cette initiative ouvre la voie à une gestion durable d’un déchet longtemps considéré comme anodin.

Une initiative née d’un constat simple : les cheveux sont une ressource sous-exploitée

Chaque salon produit plusieurs kilos de cheveux par semaine. Isolant naturel, fibre résistante, capacité d’absorption élevée : le cheveu possède des propriétés rarement exploitées. Capillum est parti de cette observation pour créer une filière de collecte structurée.
L’entreprise fournit aux salons des kits dédiés, récupère les sacs pleins puis les envoie vers différentes unités de transformation.

Ce fonctionnement séduit des milliers de professionnels, car il leur permet de réduire leurs déchets tout en participant à une initiative à la fois économique et utile. Le service ne requiert aucune modification technique dans le salon, ce qui facilite l’adhésion.

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Les usages possibles du cheveu : bien plus variés qu’on pourrait l’imaginer

Capillum a consacré plusieurs années à tester les propriétés du cheveu dans des contextes concrets. Aujourd’hui, trois grandes filières coexistent.

Absorption des hydrocarbures

Les fibres capillaires retiennent naturellement les graisses. Transformés en boudins ou tapis absorbants, les cheveux récupérés sont utilisés par :

  • des industriels,
  • des entreprises de dépollution,
  • des collectivités confrontées à des fuites accidentelles.

Ce procédé permet de limiter la dispersion d’hydrocarbures, notamment dans l’eau. C’est l’un des usages les plus connus développés par Capillum.

Agricultures et sols

Les cheveux sont riches en azote et se dégradent lentement. Capillum les transforme en un substrat qui aère la terre, limite le dessèchement et améliore la rétention d’eau. Plusieurs maraîchers et horticulteurs les utilisent pour réduire leurs besoins en arrosage.

Applications médicales

Capillum collabore aussi avec des centres spécialisés pour fournir des fibres destinées à la recherche, notamment dans le domaine de la reconstruction tissulaire. Les cheveux sont stérilisés puis intégrés à différentes expérimentations scientifiques.

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Comment Capillum organise sa collecte dans les salons partenaires ?

La force du modèle repose sur une logistique simple :

  • le salon reçoit un contenant dédié,
  • les cheveux coupés y sont déposés directement,
  • un transporteur les récupère selon une fréquence définie,
  • Capillum trie et répartit les fibres selon les usages finaux.

Cette méthode permet de structurer une filière homogène sur tout le territoire. La centralisation facilite ensuite la transformation et l’orientation vers les bonnes applications.

Pour les salons, c’est un service clé-en-main. Ils affichent leur participation auprès de leurs clients, ce qui valorise leur engagement environnemental. Certains témoignent même d’un intérêt accru de la clientèle pour ce type d’initiative.

Pourquoi cette filière connaît une progression rapide dans tout le pays ?

Plusieurs éléments expliquent l’essor national de Capillum :

  • les coiffeurs cherchent des solutions simples et réalistes pour réduire leurs déchets ;
  • la clientèle est de plus en plus attentive au rôle des entreprises dans la gestion des ressources ;
  • les collectivités voient dans cette filière une alternative sérieuse pour réduire les volumes de déchets non recyclés ;
  • les industries de dépollution et les agriculteurs adoptent volontiers une ressource locale et renouvelable.

L’initiative se développe donc sur plusieurs fronts : environnement, innovation, recherche et économie circulaire.

Vers une généralisation du recyclage capillaire ?

Capillum continue d’étendre son réseau et d’ouvrir de nouvelles voies de valorisation. Des tests sont en cours pour créer d’autres matériaux écologiques issus de la fibre capillaire. L’entreprise collabore également avec des laboratoires pour explorer des usages supplémentaires.

Le recyclage des cheveux, anciennement ignoré, devient progressivement un sujet porteur, notamment dans les métiers de la beauté qui souhaitent s’inscrire dans une démarche de réduction des déchets.

Chris Sabian

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