Don’t Call Me Jennyfer ferme ses portes : les causes enfin dévoilées

Don’t Call Me Jennyfer ferme ses portes : les causes enfin dévoilées

La marque de prêt-à-porter Don’t Call Me Jennyfer, longtemps identifiée comme une référence de la mode accessible pour les jeunes consommatrices, s’apprête à disparaître du paysage commercial français. Le 30 avril 2025, l’enseigne a officiellement demandé sa mise en liquidation judiciaire, ouvrant la voie à la fermeture progressive de ses magasins et à la suppression de plusieurs centaines d’emplois. Cette décision marque l’aboutissement d’une crise profonde, installée depuis plusieurs années, malgré des tentatives répétées de redressement.

Une liquidation judiciaire après des mois de fragilité financière

La demande de liquidation judiciaire déposée fin avril 2025 concerne l’ensemble de l’activité française de l’enseigne. Une courte période de poursuite d’activité a été accordée afin d’organiser les opérations de fermeture, mais les rideaux doivent définitivement tomber à la fin du mois de mai. Cette échéance scelle le sort de près de 220 boutiques en France, auxquelles s’ajoutent plusieurs dizaines de points de vente à l’étranger.

Cette décision n’est pas survenue brutalement. Dès 2024, la marque avait été placée en redressement judiciaire, reconnaissant publiquement l’incapacité de son modèle économique à générer une rentabilité suffisante. Malgré un plan de continuation validé par le tribunal et l’entrée d’un nouvel actionnaire, les tensions de trésorerie n’ont jamais été résorbées.

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Une relance qui n’a pas convaincu le marché

Pour tenter de se réinventer, la marque avait multiplié les signaux de rupture. Le changement de nom intervenu en 2019, avec l’abandon temporaire de l’appellation historique Jennyfer, devait marquer une montée en gamme et un repositionnement plus affirmé. Cette stratégie s’est toutefois heurtée à une clientèle en perte de repères et à une concurrence de plus en plus agressive.

En 2024, un retour au nom Jennyfer avait été opéré, dans l’espoir de renouer avec l’attachement historique de la clientèle. Cette volte-face n’a pas suffi à relancer la dynamique commerciale. La fréquentation des magasins est restée en baisse, tout comme les volumes de vente, dans un contexte général de recul de la consommation textile en France.

Une crise plus large du prêt-à-porter accessible

La chute de Don’t Call Me Jennyfer s’inscrit dans un mouvement plus large qui touche de nombreuses enseignes positionnées sur le segment milieu de gamme. L’augmentation des coûts de production, la pression sur les marges, la concurrence des plateformes internationales à bas prix et l’évolution des habitudes d’achat ont profondément fragilisé ce modèle.

Les centres commerciaux et les centres-villes, où l’enseigne était fortement implantée, ont également connu une baisse de fréquentation durable. Des sites emblématiques, notamment à Paris ou à Toulouse, figurent parmi les magasins concernés par la fermeture, accentuant l’impact symbolique de cette disparition.

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Près de mille emplois menacés et peu d’espoir de reprise

Au total, près de 1 000 salariés sont directement touchés par la liquidation. Les organisations syndicales se montrent particulièrement pessimistes quant à l’éventualité d’un repreneur. Selon elles, la situation financière dégradée, combinée à un marché saturé, réduit fortement les chances d’une reprise globale ou partielle de l’activité.

La fermeture de Don’t Call Me Jennyfer illustre les difficultés structurelles rencontrées par une partie du commerce textile français. Au-delà du cas de l’enseigne, elle pose la question de la capacité des marques historiques à se réinventer durablement face à des mutations rapides du secteur.

Chris Sabian

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