Qui est vraiment Urbain Courty, l’un des visages de Topito ?

Qui est vraiment Urbain Courty, l’un des visages de Topito ?

Né en 1987 à Clermont-Ferrand, Urbain Courty ne se destinait pas forcément à une carrière sous les projecteurs. Étudiant en droit jusqu’au master, il quitte pourtant l’Auvergne et l’université pour tenter sa chance à Paris. Un pari risqué, dans une capitale où le stand-up est devenu un sport de combat.

Son premier tremplin s’appelle Topito. Entré en 2013 comme stagiaire, il devient rapidement rédacteur, puis visage récurrent des vidéos du média spécialisé dans les classements décalés. À l’écran, son ton pince-sans-rire et son autodérision tranchent avec les formats traditionnels. Résultat : plus de 300 vidéos et des centaines de millions de vues cumulées sur les réseaux sociaux.

Topito, créé en 2006, a su capter l’air du temps avec ses “tops” absurdes et générationnels. Urbain en incarne la mue vidéo à partir de 2013, contribuant à faire passer la marque du simple site web à une machine à contenus viraux.

L’école des plateaux parisiens

Mais derrière la viralité numérique, il y a la scène. Passionné très tôt par le stand-up américain, Urbain débute dans les salles parisiennes comme le Paname Art Café, le Café Oscar ou l’Apollo Théâtre. Fait rare à l’époque : il commence en anglais, influencé par des humoristes comme Bill Burr, Doug Stanhope, Louis C.K. ou Dave Chappelle.

Repéré dans un plateau animé par Sebastian Marx, il est encouragé à jouer en français. Le déclic est là : son humour introspectif et caustique trouve un nouvel écho.

En 2014, il lance le Topito Comedy Night, un plateau hebdomadaire devenu un rendez-vous incontournable. Accueilli d’abord au Sentier des Halles puis dans d’autres salles parisiennes, le show donne leur chance à de jeunes talents tout en invitant des figures confirmées comme Blanche Gardin, Paul Mirabel, Haroun ou Gad Elmaleh. Le plateau s’exporte même jusqu’au Festival de Montreux, confirmant son statut de vivier.

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L’émancipation artistique : écrire, ouvrir, s’affirmer

Après avoir longtemps porté la casquette Topito, Urbain cherche à affirmer sa propre voix. Il assure les premières parties de Mathieu Madénian, Paul Taylor et Bun Hay Mean, tout en écrivant pour Norman Thavaud ou Tania Dutel.

En 2019, il crée son premier spectacle, joué notamment au Bo Saint-Martin puis au Le Point Virgule, salle mythique du stand-up français. Repéré par la direction artistique, il y joue de façon hebdomadaire en 2021.

Ses passages au Festival de Montreux avec les sketchs “Je n’aime plus internet” et “Mes excuses aux vegans” cumulent plusieurs millions de vues. Il apparaît également dans la pastille humoristique de l’émission Clique sur Canal+.

Son style ? Peu de jeux de mots, peu de commentaires d’actualité pure. Urbain préfère disséquer ses contradictions, ses lâchetés et ses travers. Pour lui, un humoriste efficace est “aussi à l’aise sur scène qu’en slip dans son salon”. Une définition qui résume sa recherche de sincérité brute.

Parenthèse audio : l’atelier permanent

Entre 2018 et 2022, il explore un autre terrain : le podcast. Avec “Plutôt Caustique”, coanimé avec Clément Poursain, il commente l’actualité et ses propres névroses. Dans “Fucked Up Movies”, aux côtés de Dédo, il décortique des films dérangeants. Enfin, “Sortie de scène” lui sert de laboratoire personnel : il y analyse ses propres performances, succès comme ratés.

Cette plongée dans le format long révèle un humoriste obsédé par la progression, capable d’autocritique et soucieux de comprendre les mécanismes du rire.

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“En rodage” : chronique d’un trentenaire en crise douce

Aujourd’hui, Urbain tourne avec un nouveau spectacle, “En rodage”. Le titre n’est pas qu’une formule : il revendique l’expérimentation permanente. Le spectacle explore les contradictions d’un homme à l’approche de la quarantaine : vouloir faire un Dry January tout en aimant les excès, fantasmer l’aventure tout en vivant en couple depuis plus d’une décennie, se promettre une hygiène de vie irréprochable avant d’attaquer un plateau de fromages.

En tournée dans toute la France, le spectacle poursuit son évolution date après date. Urbain y teste ses réflexions en direct, ajuste le rythme, affine la dramaturgie.

Un pur produit du stand-up moderne

Urbain Courty incarne une génération d’humoristes façonnée par Internet mais obsédée par la scène. Ni pur youtubeur, ni stand-upper traditionnel, il navigue entre viralité numérique et exigence scénique.

Avec des centaines de millions de vues via Topito et une reconnaissance grandissante sur les plateaux prestigieux, il a réussi à transformer un stage en carrière. Et dans un milieu saturé, cette trajectoire raconte peut-être l’essentiel : la capacité à rire de soi avant de prétendre faire rire les autres.

Chris Sabian

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