S-commerce et m-commerce : comment ne pas les confondre ?

S-commerce et m-commerce : comment ne pas les confondre ?

Avec l’essor des achats en ligne, de nouveaux termes se sont imposés dans le langage du e-commerce. Parmi eux, deux notions sont souvent mal distinguées : le s-commerce (social commerce) et le m-commerce (mobile commerce). Si ces deux pratiques sont liées au développement du numérique et aux nouveaux usages des consommateurs, elles recouvrent des réalités différentes.

En 2024, plus de 56 % des transactions en ligne en France ont été effectuées depuis un smartphone, et près de 40 % des utilisateurs ont déjà acheté directement via une plateforme sociale comme Instagram, TikTok ou Facebook. Face à ces chiffres, comprendre la distinction entre s-commerce et m-commerce devient essentiel pour les marques qui souhaitent ajuster leur stratégie digitale.

Qu’est-ce que le m-commerce ?

Le m-commerce, ou commerce mobile, désigne l’ensemble des transactions commerciales effectuées via un appareil mobile, généralement un smartphone ou une tablette.

  • Les utilisateurs naviguent sur des sites e-commerce adaptés au mobile (responsive design).
  • Les transactions passent par des applications dédiées comme Amazon, Vinted ou Shein.
  • Les moyens de paiement mobiles (Apple Pay, Google Pay, Paylib) renforcent la fluidité des achats.

Selon la Fevad, le m-commerce représentait déjà 27 % du chiffre d’affaires du e-commerce français en 2019. Ce chiffre est monté à près de 45 % en 2023, et continue de croître, porté par l’habitude des consommateurs à utiliser leur téléphone pour tout type d’achat : vêtements, voyages, alimentation, services.

Le m-commerce ne dépend pas du canal social mais du support utilisé, c’est-à-dire le mobile.

Le s-commerce, une évolution du commerce social

Le s-commerce (social commerce) se concentre sur les ventes réalisées directement au sein des réseaux sociaux. Contrairement au m-commerce, il ne s’agit pas uniquement de l’appareil utilisé, mais bien de la plateforme de vente.

  • Les achats sont déclenchés depuis Instagram Shopping, TikTok Shop, Facebook Marketplace ou Pinterest.
  • Les utilisateurs découvrent les produits grâce aux influenceurs, aux publicités ciblées ou aux recommandations de leurs amis.
  • Les transactions peuvent être finalisées sans quitter l’application sociale.

Le s-commerce s’appuie sur la dimension communautaire et sociale : les avis, les likes, les partages et la mise en avant par des créateurs de contenu influencent directement les décisions d’achat. En Chine, pionnière du secteur, le s-commerce représentait déjà plus de 400 milliards de dollars en 2022, et sa progression inspire fortement le marché européen.

Différences fondamentales entre s-commerce et m-commerce

Bien que proches, les deux notions se distinguent clairement :

  1. Le support :
    • Le m-commerce concerne uniquement les transactions via smartphone ou tablette, quel que soit le site ou l’application.
    • Le s-commerce dépend des réseaux sociaux, qu’il s’agisse d’un achat sur mobile ou sur ordinateur.
  2. Le parcours d’achat :
    • En m-commerce, le consommateur se rend volontairement sur une boutique en ligne ou une application dédiée.
    • En s-commerce, l’achat est souvent déclenché par une interaction sociale (publicité, recommandation, influenceur).
  3. La dimension communautaire :
    • Le m-commerce reste centré sur la transaction directe.
    • Le s-commerce intègre la confiance générée par la communauté et les contenus partagés.

Autrement dit, un achat effectué sur l’application mobile d’Amazon relève du m-commerce, tandis qu’un achat via Instagram Shopping correspond au s-commerce.

A lire aussi: Achat revente vinted : jusqu’à quel Montant peut-on vendre sans statut ?

Chiffres clés en france et dans le monde sur ces concepts

Les données montrent la complémentarité entre les deux pratiques :

  • En France, le marché du e-commerce a dépassé les 160 milliards d’euros en 2023 (Fevad).
  • Le m-commerce représente désormais près de la moitié des ventes en ligne.
  • Le s-commerce reste en phase de croissance, mais près de 4 Français sur 10 déclarent avoir déjà acheté via un réseau social (OpinionWay 2024).
  • À l’échelle mondiale, le s-commerce pourrait atteindre 1 200 milliards de dollars d’ici 2025 (Statista), tiré par la dynamique asiatique et l’intégration de nouvelles fonctionnalités d’achat direct par TikTok et Instagram.

Ces chiffres confirment que le mobile et les réseaux sociaux façonnent de plus en plus les comportements d’achat, mais selon des logiques différentes.

Pourquoi les marques doivent distinguer ces deux approches ?

Ne pas différencier m-commerce et s-commerce peut entraîner des erreurs stratégiques pour une entreprise.

  • Optimisation mobile : un site e-commerce doit impérativement être responsive, rapide et compatible avec les paiements mobiles. Une mauvaise expérience sur smartphone entraîne un taux d’abandon de panier supérieur à 60 %.
  • Présence sociale : développer une boutique sur Instagram ou TikTok demande de créer du contenu engageant, de travailler avec des influenceurs et de miser sur la viralité.
  • Stratégie marketing distincte : le m-commerce se rapproche du SEO, des applications mobiles et des campagnes publicitaires traditionnelles, tandis que le s-commerce mise sur l’interaction et le marketing d’influence.

Les entreprises doivent donc investir sur ces deux terrains, mais avec des approches différenciées.

Chris Sabian

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *